accueil
Quand on montre le luxe au peuple, dans les jours de disette et de détresse, il ne se dit pas que ce luxe le fait vivre, qu’il lui est utile. Il se dit qu’il souffre et que voilà des gens qui jouissent.
Quand la foule regarde les riches avec ces yeux-là, ce ne sont pas des pensées qu’il y a dans les cerveaux ; ce sont des évènements.
(Victor Hugo, 1802-1885)

Description des coquillages

1 ➫ Situation des coquillages dans le monde du vivant

Dans le règne animal, les coquillages se situent principalement dans 3 classes de l'embranchement des mollusques (qui en comprend 8 au total)

Le règne animal est l'un des 7 règnes du monde vivant

2 règnes sans noyau dans leurs cellules
5 règnes dont les cellules ont un noyau

1.1 ➫ Arbre d'évolution du règne animal (les coquillages sont dans la branche des spiraliens, les dinosaures et autres espèces disparues ne sont pas représentées)

(les nombres négatifs entre parenthèses indique l'age, en millions d'années, des plus vieux fossiles de la branche).
950x1558 950x1558 ecdysozoaires
950x2389 950x2389 deuterostomiens
950x1660 950x1660 spiraliens

cliquer sur l'un des boutons dans l'image (Deutérostomiens, Ecdysozoaires ou Spiraliens) pour changer de branche.

Une ancienne classification du monde animal distingue:

1.2 ➫ Les 33 embranchements du règne animal (les métazoaires)

2 ➫ Anatomie des mollusques

Quand on parle de coquillages on pense généralement à la coquille en oubliant que c'est d'abord un animal vivant (un mollusque) qui habitait cette coquille.

Les mollusques sont des animaux invertébrés dont le corps comprend un sac viscéral (les organes internes), un manteau, une cavité palléale et une radula (sauf les bivalves).

2.1 ➫ Manteau

Le manteau forme une sorte de cape drapant la coquille de l’animal. Le manteau a la tâche cruciale de contenir la masse viscérale. Pour les conchifères, le manteau a une autre fonction : construire et entretenir la coquille.

manteau de Calpurnus verrocus déployé

manteau de Calpurnus verrocus

2.2 ➫ Cavité palléale

La cavité palléale est un espace formé par les replis du manteau. Pour la plupart des mollusques elle contient les branchies et agit comme une chambre respiratoire. Chez les bivalves elle est utilisée pour aspirer la nourriture. Chez les céphalopodes et les coquilles Saint-Jacques c'est aussi un organe de locomotion.

2.3 ➫ Siphon

Les siphons des mollusques sont des structures en forme de tube dans lesquelles l'eau circule. Le débit d'eau est utilisé à une ou plusieurs fins telles que la locomotion, l'alimentation, la respiration et la reproduction.

La plupart des gastéropodes marins ont un siphon. Certains bivalves n'ont pas de siphon, pour les autres, les siphons sont toujours appariés. Chez les céphalopodes, il y a un seul siphon ou entonnoir qu'on appelle l'hyponome.

2.4 ➫ Radula

Les mollusques sont les seuls organismes vivants disposant d'une radula, c'est un organe prépondérant pour leur classification. C'est une sorte de langue hérissée de micro-dents. Elle permet à l'animal de se nourrir en grattant les micro-algues (ou les végétaux) et en les ramenant vers la bouche à la manière d'un tapis roulant.

système radulaire d'un escargot

système radulaire

Quelques rares gastropodes n'ont pas de radula : les Tethydidae, le genre Clathromangelia (famille Clathurellidae) et, en environnement terrestre, l'espèce Careoradula perelegans (famille Streptaxidae). La plupart des céphalopodes ont une radula à l'exception des spirules. Les bivalves n'en ont pas.

La radula est constituée de plusieurs rangées transversales de dents.

Le nombre de rangées, les formes et la disposition de dents peuvent caractériser tout une super-famille (Epitonioidea: radula de type ptenoglosse).

L'ordre Sacoglossa caractérise les mollusques dont la radula ne comporte qu'une seule rangée de dents.

Une rangée peut avoir trois types de dents:

  • une dent centrale
  • une ou plusieurs dents latérales (avec éventuellement une dent latérale dominante) de chaque côté de la dent centrale.
  • une ou plusieurs (parfois même un très grand nombre) dents marginales au-delà des dents latérales.

Il existe sept types de radula selon la configuration de ces trois types de dents :

docoglosse ou stéréoglosse: forme la plus primitive, la dent centrale peut parfois être absente, 3 dents latérales (la plus externe dominante) et 3 dents marginales.

radula docoglosse

rhipidoglosse: une dent centrale, cinq dents latérales (la plus externe parfois dominante) et un grand nombre de dents marginales agissant comme une sorte de balai pour récupérer les débris restants de nourriture.

radula rhipidoglosse

hystrichoglosse: une dent centrale, 27+14 dents latérales et un grand nombre de dents marginales.

radula hystrichoglosse

radula (coté gauche) de Perotrochus caledonicus (1 dent centrale, 22+14 dents latérales et 53+7 dents marginales)

ptenoglosse: pas de dent centrale ni latérale mais un grand nombre de dents marginales.

radula ptenoglosse

radula de Janthina janthina

taenioglosse: sept dents au total dont une dent centrale, une dent latérale et deux dents marginales (des 2 côtés) soit 2x(1+2)+1.

radula taenioglosse

stenoglosse ou rachiglosse: trois dents au total, une dent centrale et deux dents latérales (parfois seulement une dent centrale). Ce type de radula permet de creuser puissamment dans la coquille d'une proie et, à l'aide de sécrétions acide, de la percer.

stenoglossan radula

toxoglosse: une très petite dent centrale (voire pas du tout) et deux longues dents latérales pointues munies de barbes. Elles contiennent un canal pour le venin et fonctionnent séparément. Comme leur liaison à la base de la radula est très lâche, elles peuvent être éjectées comme un harpon sur une proie. La radula de certains Conidae (Gastridium geographus, Cylinder textile) contient un venin mortel pour l'homme.

radula toxoglosse

2.5 ➫ Alimentation

Les différents types de radula montrent l'évolution des gastropodes dans leur mode d'alimentation : herbivores, détritivores, charognard ou carnivores. Le grattage des algues nécessite de nombreuses dents, conformément aux trois premiers types. Les types carnivores ont besoin de moins de dents, en particulier latérales et marginales. Le type ptenoglosse est situé entre les deux extrêmes et est typique des gastropodes parasites des polypes.

Les gastropodes carnivores utilisent différentes techniques pour capturer leurs proies :

  • l'acide :l'usage combiné de la radula avec des sécrétions acides permet de perforer la coquille d'une proie pour la dévorer de l'extérieur
  • l'asphyxie : en enfermant une proie dans une poche formée par leur pied puis attendre son agonie pour la dévorer
  • le poison : soit l'injectant directement via un petit harpon (radula toxoglosse des Conidae) soit indirectement par diffusion de toxines dans l'eau
  • Certains se contentent de vampiriser leurs proies : ils pratiquent une petite entaille à l’aide de leur radula, et pompent le sang. Les glandes salivaires produisent alors des anticoagulants qui empêchent la pompe de se boucher.

les bivalves se nourissent de phytoplancton et de micro-organismes par filtration de l'eau.

Tous les céphalopodes sont carnivores. Ils ont un bec en deux parties et la plupart ont une radula, bien qu'elle soit réduite chez la plupart des poulpes et totalement absente chez Spirula. Ils se nourrissent en capturant des proies avec leur tentacules, puis les attirent dans leurs bouche. Ils ont un mélange de sucs digestifs toxiques, dont certains sont fabriqués par des algues symbiotiques, qu'ils éjectent de leurs glandes salivaires sur leurs proies capturées. Ces jus séparent la chair de leur proie de la coquille.

3 ➫ Construction de la coquille

Pour créer leurs coquilles, les coquillages acquièrent les éléments (calcium, carbone et oxygène) à partir de leur nourriture mais aussi, de l’eau qui les entoure.

Ces éléments sont captés du flux sanguin par des cellules spécialisées du manteau, ils sont ensuite combinés avec des protéines spécifiques qui produisent une sécrétion à la surface extérieure du manteau.

Ces sécrétions sont ensuite déposées par les mouvements du manteau à la surface de la coquille, durcissent rapidement et font grossir ainsi la coquille.

La coquille est constituée majoritairement de carbonate de calcium (CaCO3).

La formation de la coquille, c’est plus qu’un simple rajout continu de matière sur le bord de l’ouverture. Les coquilles des mollusques sont des structures complexes composées de trois couches créées chacune de façon distincte.

Les deux premières couches sont fabriquées par le bord avant du manteau, au niveau des lèvres externes de l’ouverture du coquillage.

La couche de nacre, par contre, est construite par la totalité de la surface du manteau. Tout au long de la vie de l’animal, le manteau ajoute de la nacre à la surface interne de la coquille, la rendant de plus en plus épaisse.

NB : le manteau des porcelaines sécrète une quatrième couche au-dessus du periostracum : l'épiostracum qui leur donne cet aspect lisse et brillant.

La description précise d'une coquille utilise un lexique très particulier qu'il est important de connaître pour bien comprendre les fiches descriptives de chaque famille.

haut de la page

REFERENCES

sites francophones

sites anglophones

Hébergement gratuit ! compteur Licence Creative Commons CSS Valide ! HTML5 Valide